La Transfiguration
(Icône byzantine, Bose)

 

Invocation
Seigneur Dieu de lumière
Le jour de la Transfiguration de ton Fils devant ses disciples, tu as fait apparaître Moïse et Élie pour affirmer l’accomplissement des Écritures et la continuité de la foi : accorde-nous à nous aussi de contempler cette lumière, afin que nous soyons à notre tour transfigurés à l’image du Christ Jésus, lui qui est béni maintenant et pour les siècles des siècles.
Amen !

Psaume 97 (trad. Ch. Vez)
Envers et contre tout, Dieu dirige le monde.
C’est une excellente nouvelle pour la terre tout entière.
Alors bien sûr, on ne le voit pas. Mais on peut reconnaître ses marques de fabrique : c’est la justice et le respect. Il est brûlant d’amour. Son feu consume ce qui se dresse entre lui et nous. Des éclairs de sa présence illuminent l’ensemble de la planète. Lorsqu’on les aperçoit, on en a des frissons. Les montagnes d’indifférence fondent lorsqu’il se manifeste. Sa justice est reconnue jusqu’au ciel. Chacun peut s’en faire une idée.
Ceux qui divinisent d’autres réalités se retrouvent confondus, car elles finiront toutes par s’incliner devant lui.
Là où on l’a entendu, c’est la joie. Elle se répand comme une traînée de poudre. C’est toujours un émerveillement de voir comment Dieu nous remet d’aplomb.
Oui, mon Dieu, à la fois Très-Bas et Très-Haut, tu te situes tellement au-delà de nos mêlées.
Alors, vous qui aimez Dieu, montrez-le en combattant le mal ! Dieu gardera ceux qui lui sont attachés. Personne ne pourra leur mettre le grappin dessus.
Celui qui est ajusté par Dieu y voit plus clair. C’est une joie de le voir vivre dans la droiture.
Continuez donc de vous réjouir de ce qu’il fait pour vous, car il est vraiment unique.

45-21. Trouver dans ma vie ta présence

Refrain :
Trouver dans ma vie ta présence,
Tenir une lampe allumée,
Choisir avec toi la confiance,
Aimer et se savoir aimé.

1.Croiser ton regard dans le doute,
Brûler à l’écho de ta voix,
Rester pour le pain de la route,
Savoir reconnaître ton pas.
Refrain.

2.Brûler quand le feu devient cendre,
Partir vers celui qui attend,
Choisir de donner sans reprendre,
Fêter le retour d’un enfant.
Refrain

3.Ouvrir quand tu frappes à ma porte,
Briser les verrous de la peur,
Savoir tout ce que tu m’apportes,
Rester et devenir veilleur.
Refrain

Dans l’évangile que raconte Luc, au chapitre 9, les versets 28 à 36 rappellent l’épisode de la Transfiguration :
Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il monta sur une montagne pour prier. Pendant qu’il priait, son visage changea d’aspect et ses vêtements devinrent d’une blancheur éclatante. Soudain, il y eut là deux hommes qui s’entretenaient avec Jésus : c’étaient Moïse et Élie, qui apparaissaient dans la gloire. Ils parlaient avec Jésus de son départ qui s’accomplirait à Jérusalem.
Pierre et ses compagnons s’étaient profondément endormis ; mais ils se réveillèrent et virent la gloire de Jésus et les deux hommes qui se tenaient avec lui. Au moment où ces hommes quittaient Jésus, Pierre lui dit : « Maître, il est bon que nous soyons ici ! Dressons trois tentes, une pour toi, une pour Moïse et une pour Élie. »
Il ne savait pas ce qu’il disait.
Pendant qu’il parlait ainsi, une nuée survint et les recouvrit. La crainte les saisit au moment où ils y pénétraient. De la nuée une voix se fit entendre : « Celui-ci est mon Fils, que j’ai choisi. Écoutez-le ! »
Quand la voix se fit entendre, on ne vit plus que Jésus, seul. Les disciples gardèrent le silence et, en ces jours-là, ne racontèrent rien à personne de ce qu’ils avaient vu.
Vous connaissez Jésus ?
Aujourd’hui, l’Evangile nous suggère de le suivre sur une haute montagne !
Alors allons-y : Jésus a pris avec lui ses trois plus proches disciples ; il quitte la vallée du monde pour se rendre sur un lieu élevé, où va se jouer une vérité à peine compréhensible… !
Avec Pierre, Jean et Jacques, nous montons sur la montagne – le mont Thabor – à la suite de Jésus, pour y prier. Là, nous découvrons que la lumière nouvelle du Christ, s’appuie sur les deux « piliers » de l’Ancien Testament que sont Moïse et Elie : deux prophètes qui ont vu Dieu sur la montagne, mais chacun à sa façon.
 Moïse proclamait la vision de la liberté selon Dieu : il a conduit le peuple hors de l’esclavage et de la tyrannie de Pharaon, pour l’engager à travers un désert sur la voie de la délivrance : l’être humain ne doit pas être l’esclave de son semblable, il est unique dans son face-à-face avec Dieu, il est libre et responsable de son histoire. Voilà ce que proclame Moïse.Dans le même mouvement, il faut croire que ce Dieu n’est en rien une idole avide de cruauté : une religion ne doit pas engendrer la peur et s’emparer des hommes comme un démon ! C’est en résumé ce que crie Elie, en détruisant avec fracas les idoles de pierre – mais par la suite, le prophète découvre pourtant son Seigneur dans le « bruissement d’un silence ténu » …

Moïse incarne la libération, la liberté de l’humain envers son semblable, Elie incarne la fidélité à Dieu jusque dans les pires moments de l’Histoire, et tous les deux s’entretiennent ici avec Jésus, ils font « un avec le Christ », ils sont « vivants en lui ». Croyez bien que pour les premières communautés chrétiennes, cela avait beaucoup de sens : même si la personne et le message de Jésus apparaissent tout nouveaux, c’est donc bien toujours la même alliance qui s’accomplit en lui.Au moment où il nous montre la lumière du Christ, d’une blancheur insoutenable, l’évangéliste Luc rappelle les principes de liberté entre les hommes et de fidélité à Dieu ; au moment même où nous allons toucher du doigt la vérité de Dieu, il nous redit que tout a déjà été donné, une fois pour toutes… Moïse, Elie, Jésus-Christ, tous les trois enveloppés d’une même lumière aux yeux des témoins que nous sommes devenus… Bien sûr, à cet instant, c’est terriblement tentant de rester là-haut, au-dessus de tout, de planter notre tente en dehors du monde… ! C’est l’idée de Pierre.
Mais… la Transfiguration est une étape qui conduit Jésus tout droit à Jérusalem ; on va être amené à comprendre cet épisode en référence à la mort sur une autre hauteur, la colline de Golgotha, où le Christ sera « élevé » … parce qu’il doit en être ainsi. Pour pouvoir traverser l’épreuve de Golgotha, et sa souffrance atroce, il faut être passé par ce mont Thabor, le mont de la Transfiguration, où la vérité du Christ est mise en lumière :
« Celui-ci est mon Fils, que j’ai choisi : écoutez-le ! ».
Et puis le silence : la vision a cessé – mais le souvenir persiste !
Sur le chemin qui va de la lumière de Noël à celle de Pâques, de notre naissance à notre mort et notre résurrection, il y a ce passage sur la montagne, où la chronologie n’a plus tant d’importance, comme une parenthèse de Royaume qui permet de nourrir l’espérance.
Les trois disciples n’y comprennent pas grand-chose – nous, sûrement pas tout non plus ! -, mais ils garderont cette image dans leur coeur, et avec la Résurrection de Jésus, elle devient la promesse d’un monde clair, lumineux…
Et nous, depuis lors, nous pouvons nous voir comme des enfants unis sous la lumière de Dieu : c’est juste à cette hauteur que nous pouvons penser les êtres humains, à cette hauteur que nous devons nous placer : comme des frères et des soeurs – et ce qui en résulte aura la force de changer le monde !
Noël – Pâques – Pentecôte : nous marchons sur un chemin de lumière, et la Transfiguration nous place dans la perspective d’une illumination de notre quotidien…

 

Psaume 121 (trad. Ch. Vez)
Chant pour se donner du courage.
Je lève les yeux vers les montagnes.
Je me demande : d’où puis-je espérer voir venir du secours ?
– De nul autre lieu sinon de Dieu lui-même, lui qui a créé tout ce qui m’entoure, des choses les plus insignifiantes aux plus majestueuses.
J’entends une petite voix qui me dit :
« Il te préserve des faux-pas. Il veille sur toi avec attention. »
C’est vrai qu’il veille sur chacun d’entre nous en permanence, envers et contre tout. Il nous suit au plus près de nous-mêmes.
Il est à nos côtés, toujours là pour nous indiquer le bon chemin.
Ombre protectrice lorsque le soleil tape, actif même lorsque nous dormons, Dieu veille sur chacun d’entre nous, sur moi comme sur toi aussi.
Il te préservera de ce qui pourrait t’être fatal. Il prendra soin de toi de ton départ jusqu’à ton arrivée. Maintenant et à jamais.

45-06. O Jésus, mon frère

 

1. O Jésus, mon frère,
Ma joie, ma lumière,
Au fond de ma vie ;
Ta présence est douce
Comme un flot de source,
Un chant dans la nuit.
Jésus, prince de la vie,
Tout le temps et tout l’espace
Brillent de ta grâce.

2. Au temps de l’épreuve,
Que ma joie demeure,
O Jésus, en toi !
Dans le bonheur même,
Que ton nom devienne
La plus haute joie,
Jésus, mon frère et mon Roi,
Toi l’espoir, toi le mystère,
La paix sur la terre.

3. O Jésus qui m’aimes,
Ta parole sème
Sur moi tant de dons ;
Seule ta présence
Met dans ton silence
Un désir profond.
Jésus, je salue ton nom.
En toi, Jésus, à toute heure,
Que ma joie demeure !

Prière d’intercession
Seigneur,
Tu nous commandes d’aimer de ton amour : triomphe de tout ce qui nous divise, afin que, nous pardonnant les uns aux autres, nous t’adressions d’un même coeur notre prière.
Toi qui aimes le plus petit d’entre nos frères, nous te prions pour les pauvres, les affligés, les malades et les mourants, et pour toutes celles et tous ceux qui souffrent quel que soit le nom de leur souffrance.
Nous te prions pour ceux qui nous sont chers, et pour ceux que nous avons du mal à aimer ; nous les nommons dans le secret de nos coeurs (silence).
Nous te prions pour notre pays et pour toutes les nations, pour les responsables des peuples, afin qu’ils procurent à tous la paix, la justice et la liberté.
Veille sur ton Église, fortifie sa foi, son espérance et son amour pour chacun, libère-la de ses compromissions, donne-lui la force de chanter tes louanges, de chercher la fraternité, de combattre pour la justice.
Tu nous appelles à ton service, Seigneur : nous voici pour accomplir ta volonté !
(Suite et autres prières selon votre inspiration…)

Père, tu sais de quoi nous avons besoin ;
Nous Te prions avec confiance : Notre Père qui es aux cieux…
Amen !

 

 

Bénédiction
Que le SEIGNEUR vous bénisse et vous garde ! Nb 6,24-26
Que le SEIGNEUR fasse rayonner sur vous sa face
et vous accorde sa grâce !
Que le SEIGNEUR porte sur vous son regard et vous donne la paix !

Poème trouvé sur soeur Odette Prévost
(Juste après son assassinat en Algérie le 10 novembre 1995)

Vis le jour d’aujourd’hui. Dieu te le donne, il est à toi.
Vis-le en Lui.
Le jour de demain est à Dieu. Il ne t’appartient pas. Ne porte pas sur demain le souci d’aujourd’hui. Demain est à Dieu, remets-le-lui.
Le moment présent est une frêle passerelle. Si tu le charges des regrets d’hier, de l’inquiétude de demain, la passerelle cède et tu perds pied.
Le passé ? Dieu le pardonne. L’avenir ? Dieu le donne. Vis le jour d’aujourd’hui en communion avec Lui.